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Vaud doit baisser sa fiscalité

Jean-Hugues Busslinger
La Nation n° 2308 26 juin 2026

Nous voterons le 27 septembre prochain sur l’initiative fiscale cantonale lancée par les organisations économiques. Elle vise à abaisser de 12% l’impôt cantonal sur le revenu et sur la fortune. Concrètement, le contribuable verra le montant de ses impôts, calculé comme jusqu’ici, réduit de 12%. L’initiative ne touche pas aux impôts des communes, qui conserveront leurs rentrées fiscales actuelles. Déposée le 5 avril 2023, l’initiative a recueilli 28’486 signatures jugées valables, alors qu’il en fallait au minimum 12’000 pour aboutir. L’impact de cette baisse est de l’ordre de 450 millions de francs en moins pour les finances cantonales, dont 210 ont d’ores et déjà été validés au titre du plan pouvoir d’achat présenté en septembre 2024.

Un canton vorace

On ne le sait que trop hélas, le Canton de Vaud figure dans le peloton de tête des cantons les plus voraces fiscalement. Quelle que soit la situation du contribuable, célibataire, marié avec ou sans enfants, les prélèvements vaudois sont toujours plus lourds que dans la plupart des autres cantons, en particulier les cantons comparables sur le plan de la taille et du tissu économique. Globalement, en 2025, le Canton de Vaud connaît la fiscalité des personnes physiques la plus lourde de toute la Suisse. Il est aussi le Canton qui a le plus accru sa pression fiscale sur ses contribuables au cours des vingt dernières années. Si un effort fiscal a été nécessaire au début des années 2000 pour assainir les comptes, le Canton n’a cessé d’accumuler des excédents entre 2008 et 2022; les bénéfices moyens sur la période atteignent quelque 600 millions de francs par année, pour un total dépassant largement les 6 milliards de francs. On en jugera par les importantes réserves au bilan qui représentent près de 3,2 milliards de francs au bouclement 2025. A l’évidence, l’Etat de Vaud n’est pas sur la paille, tant s’en faut.

Cette santé financière florissante depuis plus de 15 ans maintenant est due aux contribuables vaudois qui, année après année, s’acquittent de montants considérables, sans commune mesure avec ce qu’ils devraient payer dans d’autres cantons.

Les effets pervers d’un trop plein d’aisance

L’opulence dans laquelle a baigné le Canton depuis une bonne décennie a eu pour effet pervers un relâchement significatif de la discipline budgétaire et financière. Cela s’est notamment traduit par une augmentation des effectifs de la fonction publique sans rapport avec l’évolution démographique (sur 2016-2025: + 2,17% par an alors que la population s’accroissait de 1,07%). En outre, chaque année depuis 2017, la progression des charges de l’Etat a dépassé l’inflation, à la notable exception de 2022.

Face à cette évolution, le contribuable n’a eu que les yeux pour pleurer et le portemonnaie pour tenter d’éponger ce tsunami de dépenses. L’Etat ne peut continuer à grossir ainsi. Un effort de modération est indispensable pour redonner aux citoyens un peu de pouvoir d’achat. On ne peut que se demander pourquoi un canton comme Zurich parvient à offrir à sa population des services au moins équivalents alors que l’imposition du revenu et de la fortune est beaucoup moins importante que dans le Canton de Vaud.

Chaque fois que l’on évoque une réduction de la pression fiscale, la gauche de l’échiquier politique hurle au cadeau fiscal, comme si l’intégralité des revenus et de la fortune était propriété de l’Etat (on ne peut offrir que ce que l’on possède). On assiste déjà aux contrefeux médiatiques assurant que l’Etat ne saurait survivre à une diète aussi draconienne et on entendra souvent, durant la campagne, tous les milieux grands bénéficiaires des largesses étatiques assurer qu’ils ne pourront poursuivre leur mission. Il convient de remettre les choses en perspective. L’effort de modération ne représente que quelque 2% du budget de 12 milliards de francs, ce qui est parfaitement absorbable moyennant la recherche d’une meilleure efficience et d’une efficacité accrue. Ce sera au Conseil d’Etat de déterminer les secteurs dans lesquels des économies auront à être réalisées.

C’est l’occasion de donner un signal clair en refusant la poursuite de la boulimie fiscale étatique. Bénéfique au pouvoir d’achat et à la compétitivité des entreprises, assurément maîtrisable sur le plan des économies à effectuer et propice à mener l’Etat sur la voie de la modération, tout incite à voter OUI le 27 septembre prochain.

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