L'interopérabilité; un instrument militaire garant de la liberté d'action politique
L'interopérabilité se définit fondamentalement comme «la capacité de travailler en synergie dans l'accomplissement des tâches assignées». Il s'agit donc de la capacité à opérer de manière conjointe grâce à la compatibilité des organisations, des doctrines, des procédures d'engagement, des équipements et de leurs relations respectives, afin d'atteindre des objectifs tactiques, opérationnels et stratégiques. Pour ce faire, il faut avant tout disposer d'une compatibilité technique suffisante (matériel, équipements, armes, systèmes et logistique), harmoniser les procédures (y compris certains éléments doctrinaux, des procédures de planification et de conduite de l'action) et renforcer la compréhension mutuelle (langue, terminologie et formation).
L'interopérabilité, qui peut être de circonstance (par nécessité) ou par conception, connaît donc plusieurs dimensions: technique, opérationnelle (procédurale) et culturelle.
Pour l'armée suisse, un degré d'interopérabilité minimal ou suffisant permet de créer des conditions favorables pour pouvoir, le cas échéant, coopérer avec des armées partenaires et de s'assurer qu'aucun obstacle technique, organisationnel ou procédural ne s'oppose à une coopération politiquement souhaitée et stratégiquement nécessaire.
Monsieur Claude Meier est divisionnaire libéré et président du Centre d'Histoire et de Prospective Militaires (CHPM) à Pully. Il fut Chef de l'État-Major de l'armée suisse de 2016 à 2020, puis Officier général auprès des centres de Genève dédiés à la politique de paix et de sécurité (GCSP, DCAF, GICHD). En s'appuyant sur des exemples historiques et tirés de son expérience personnelle, il nous présentera ce sujet le mercredi 6 mai 2026, à 20 heures, dans les locaux de la Ligue vaudoise, place du Grand-Saint-Jean 1 à Lausanne.
